Serguei

Présentation générale :

 

Ce dessin  de Sergueï, paru dans l’édition du quotidien Le Monde du 24 janvier 1997, présente en plan rapproché un personnage tronqué (= réduit à ses seuls bras, épaules et tête).

L’attention du lecteur se focalise d’emblée sur son activité, le tricot, et sur son résultat, le livre.

 

Organisation de l’œuvre :

-       * On note une opposition, entre les effets de vide et de plein, l’œil étant attiré vers 3 zones intensifiées par la multitude des coups/traits de crayon :

la tête PUIS les mains que prolongent les aiguilles  PUIS le livre ouvert en construction.

 

-       * La relation qui existe entre ces trois éléments est mise en place par le fil de laine qui les relie suivant une ligne verticale.

Il symbolise ainsi le chemin de la création littéraire qui va de la pensée, de la mémoire à l’œuvre d’art.On peut se rappeler que trois temps se superposent dans l’œuvre littéraire:

1)    -  le passé (réel, vécu) que l’écrivain déroule,

2)    - le présent de narration que l’écrivain tricote,

3)    - le temps de la lecture du livre, du récit de vie (= a posteriori de l’œuvre, après sa création).

 

-       * On observe une autre opposition entre les lignes composant la tête (pelote) et celles du livre.

Les lignes de la tête sont entremêlées : groupes de diagonales partant dans des directions différentes.

Les lignes composant le livre sont parfaitement ordonnées : deux types de parallèles.

 

Sens donné à l’œuvre.

 

Le dessin de Sergueï s’apparente à une métaphore de l’écriture autobiographique.

En effet, la tête-pelote symbolise le fil de la vie si difficile à démêler pour parvenir à l’écriture de sa propre vie. Cela signifie que l’écrivain doit d’abord effectuer un travail de remémoration puis de remise en ordre pour fournir au lecteur une trame cohérente et lisible. L’écrit, travail manuel, d’artisan, est donc l’outil qui permet de transformer l’ordre de la pensée, d’organiser la matière confuse de la mémoire.